Les baleines, c’est assez ! Sauvons plutôt le Diplodocus… Ou pas.

Auteur : Jean Loeuff

C’est le débat du jour : le muséum d’histoire naturelle de Londres s’apprête à retirer son moulage de Diplodocus du monumental hall d ‘entrée où il siégeait depuis 1979 pour installer à sa place un squelette de baleine long de 85 pieds qui sera pendu au plafond. « C’est vachement mieux car c’est un vrai squelette, pas un moulage », s’étrangle le directeur de l’institution. Mais ses visiteurs lui répondent : « on s’en branle, on veut garder Dippy ». Dippy est bien sûr le diminutif de Diplodocus… Depuis c’est le DippyGate outre-Manche et il semble clair, au vu de la virulence des tweets, que personne ne veut de cette foutue baleine ! Le hashtag #SaveDippy tourne à fond, semblant indiquer que nos amis anglais ne raffolent pas du cétacé. C’est même la fête au mysticète pourrait-on dire, tout un chacun préfère Dippy…

L’affaire semble pourtant jouée : les têtes pensantes du muséum ont déjà prévu de faire faire à « Dippy » un juteux tour du pays, voire d’un peu plus loin et il sera beaucoup plus rentable ! Mais comme ils ont aussi prévu d’en faire quelques surmoulages dont l’un pourrait être exposé devant le musée, pourquoi tout ce bruit ? C’est que Dippy, offert par le milliardaire américain Carnegie au Roi d’Angleterre en 1905, est une institution britannique qui possède d’ailleurs son propre compte twitter. C’est surtout que notre conservatisme est insupportable, et que la tendance de nos contemporains à sacraliser tout ce qui traîne est on ne peut plus pénible. Ne pourrait-on laisser les conservateurs du muséum aménager leur établissement à leur guise ? En attendant si le pauvre Dippy devait se retrouver à la rue, ce qu’à Saint Georges ne plaise, qu’il sache qu’il trouvera un toit à Espéraza : que God save the Queen, le musée des dinosaures sauvera Dippy !

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