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L'extinction des dinosaures

F. La météorite de Chicxulub est bien responsable de la mort des dinosaures

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F.1. Arguments sédimentologiques


Les réactions aux travaux de la paléontologue américaine ont été immédiates. Jan Smit, le géologue néerlandais qui a consacré la plus grande partie de ses travaux de recherche aux événements de la limite K/T, n’a donc pas tardé à réfuter la plupart des arguments de Gerta Keller. L’énergie libérée par l’impact météoritique correspond à 10 000 fois celle émise par la déflagration de toutes les bombes nucléaires de l’humanité. Il est donc évident que ce choc produit à Chicxulub a provoqué plusieurs vagues géantes (le fameux tsunami géant) qui ont très fortement perturbé l’ensemble des couches géologiques de la région et déposé au fond de l’océan des quantités de sable formant aujourd’hui un niveau de grès de 1 à 9 mètres d’épaisseur. Les ondes sismiques provoquées par le choc ont atteint des vitesses de 30 000 km/h. La pluie d’éjectas (matériaux éjectés par l’impact) s’est abattue sur Terre à une vitesse de 15 000 km/h. Pour Jan Smit, Gerta Keller ne prend pas en compte dans ses recherches toute l’importance des glissements et des effondrements de terrain mais aussi des failles provoquées par le choc. Elle semble omettre dans ses conclusions le long travail de l’érosion qui a perturbé la continuité de la série sédimentaire témoin des événements à la limite K/T. Les niveaux situés juste après l’impact contiennent selon elle des glauconites, minéraux argileux verdâtres, témoins d’une sédimentation très lente. Pour Jan Smit ces particules vertes sont le produit de l’altération de verres formés lors de l’impact et non des cristaux de glauconite.
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F.2. Arguments paléontologiques


A propos des foraminifères identifiés par l’équipe américaine, il s’agirait en fait de cristaux de dolomites (un calcaire où le calcium est remplacé par du magnésium). Leur agencement peut parfois faire penser à des foraminifères mais ce ne sont que des excroissances de cristaux de dolomites et non des cloisons de loges de foraminifères. Pour Jan Smit l’observation en imagerie par fluorescence aux rayons X aurait évité toute confusion. Quant à la présence de terriers et de traces d’animaux situés dans les tsunamites Jan Smit précise qu’ils ne sont visibles que dans les niveaux supérieurs. Autrement dit ces organismes ont pu creuser ces niveaux supérieurs après leur dépôt et rien ne s’oppose à ce que ces grès se soient déposés en quelques heures seulement. La conclusion de Jan Smit est sans appel : le cratère de Chicxulub ne s’est pas formé quelque 300 000 ans avant la limite Crétacé-Tertiaire, mais bien à la limite K/T. La couche située sous le niveau argileux qui caractérise cette limite correspond à la dernière série de vagues provoquée par le tsunami géant et qui ont rempli le cratère juste après l’impact.

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